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mardi 29 octobre 2013

Aéroport de Dole, j'ai testé pour vous

Je critique depuis 2006 la prise en charge de l'aéroport de Dole par le département du Jura. Ce week-end, j'ai profité d'une virée à Londres pour l'utiliser.
La première raison de ce choix est purement individualiste : emprunter un vol subventionné depuis Dole est l'unique moyen à ma disposition pour récupérer une partie de mon argent.
La deuxième est la curiosité. Tant qu'à critiquer, voyons ce que ça donne ...
La bonne nouvelle c'est que j'en suis revenu. Un boeing 737-800 de la compagnie Ryanair est effectivement capable de décoller et d’atterrir sur une langue de tarmac au milieu des champs cultivés. Le site de l'aéroport vous recommande de prévoir 2 heures pour embarquer, mais je vous assure que même en arrivant une vingtaine de minutes avant l'heure de l'envol, vous ne le manquerez pas. Au retour, je crois que c'est la première fois que j'effectue un débarquement-sortie de parking (gratuit) en moins de 3 minutes chrono ... C'est le côté pratique : un seul terminal de départ et d'arrivée, pas d'autres vols en même temps que le votre, donc le peu de personnel sur place n'a rien d'autre à faire qu'à s'occuper de votre embarquement ou débarquement. Evidemment, pour le client c'est cool.

Il est difficile de critiquer avec la casquette du client. Dole est un aéroport nanoscopique avec un seul terminal (contre 90 pour celui de ma dernière destination Londres-Stansted). Et il a fait le job qu'un client demande; embarquer, décoller, atterrir, débarquer ... La note attribuée est de 20/20, comme tous les aéroports de monde.

Je ne change pourtant pas d'avis sur le principe du maintien en vie artificiel de l'aéroport. il suffit de prendre un peu de hauteur (oui, je sais, elle était facile celle là) pour comprendre que l'injection de subventions est l'unique potion qui permet à quelques vols d'exister. A ce sujet, ne nous emballons pas ; je n'ai compté que 3 destinations régulières ces temps ci : Marrakech, Porto, Londres-Stansted. Pas de quoi faire de Dole Tavaux une plaque tournante européenne. D'autant que, si je prends uniquement l'exemple de Londres, la liaison est inutilisable dans un cadre professionnel : deux rotations hebdomadaires dont une le samedi. Pas de quoi assouvir les besoins de la clientèle d'affaire. Les industriels et commerciaux continueront de voler depuis Lyon, Genève, Bâle ...
La clientèle que j'ai vu lors de mon périple via Dole était exclusivement familiale, et comme moi profitait d'un effet d'aubaine liée aux injections de subventions : 60€ l'AR à Londres, si on est fan de shopping sur Regent Street, ça ne se refuse pas. Mais la réciproque ne fonctionne pas, aucun anglais dans l'avion pour venir dépenser son pécule rue des arènes !
Et tout cela ne durera pas : le vol aller était rempli à 80%, le retour à moins de 50%. RyanAir est une bonne compagnie d'aviation low-cost mais pas philanthrope du tout. Dès que le robinet à subventions sera fermé je gage qu'on attendra pas longtemps à dégager le tarmac pour laisser de la place aux betteraves.

CQFD